C’était, hier, la rentrée des classes sur l’étendue du territoire national. Et pourtant, force était de constater le peu d’engouement dont ont (une fois de plus !) fait preuve aussi bien les parents d’élèves que leurs progénitures. Pour une fois, les professeurs eux, ont répondu présents à l’appel, dans les établissements visités.
Au "Collège Offoumou Yapo de Youpougon Toit-Rouges". L’entrée de l'établissement était désespérément vide. Déçu, celui qui aurait supposé que le calme ambiant était dû à la reprise effective des cours… que non. En avançant, en effet, les table-bancs avec collée par-dessus la mention "Inscriptions et réinscriptions" trônaient encore fièrement. Les élèves ou leurs parents venaient à compte-goutte, afin de « vérifier si la rentrée est effective » pour les premiers, ou encore « retirer les fiches d’inscription » pour les seconds.
« Cette année est pire que la précédente », a déploré Monsieur Boniface Yoman, sous-directeur chargé de l’enseignement général au sein de l’établissement. « Les années précédentes, nous remplissions au moins une classe par niveau avant la rentrée des classes. Et le jour J, le déficit était comblé. Mais ce n'est pas le cas cette année. Nous n’avons même pas encore pu remplir une classe par niveau ».
Même spectacle dans la commune d’Adjamé, cette fois à l’établissement primaire "La Croix-Rouge". Là encore, c’est seulement hier que les parents sont venus retirer les fiches de renseignements. M. Aboubacar Traoré, parent d’élève, a été catégorique : « la rentrée tombe à une période où nous n’avons pas les moyens de payer l’inscription. Nos factures d’eau et d’électricité arriovent au même moment. Or, ces compagnies-là ne peuvent pas attendre, l’école, si. Puisque de toutes les manières on ne commence jamais à temps».
Seul établissement qui aura tenté de sauver la face: le "Collège moderne d’Adjamé", où l’affluence était de mise. Même si les deux tiers des élèves étaient en tenue de ville, force a été de constater que l’établissement a été envahi ce 14 Septembre. « Nous sommes un établissement public, les frais d’inscription étant moindres, il n’y a pas de raison que nos élèves ne respectent pas l’échéance », a expliqué Monsieur Pierre Mahi, professeur de Science de la Vie et de la Terre dans l’établissement, pour justifier cet engouement de la part des élèves.
Pour l’heure, aucun établissement ne s'est encore prononcé sur la date de début des cours proprement dit, car les effectifs sont loin d’être constitués. Pourtant, dans son discours de rentrée, le Ministre de l’éducation nationale M. Gilbert Bleu-Lainé avait, avant d’exhorter les parents d’élèves, insisté auprès des établissements sur le respect des délais. Cette année, selon lui, est « un nouveau départ, une nouvelle chance » de repartir du bon pied, après les résultats médiocres de l’année dernière.
Ces parents d’élèves invités à plus de responsabilité cette année, évoquent principalement le manque de moyens financiers, pour justifier cette nouvelle rentrée morose. Lorsqu’on sait qu’il en a été de même les années précédentes, et que les parents sont sensés se préparer dès les vacances, doit-on alors la considérer comme une rengaine…éternelle ?