Reporters sans frontière à publié aujourd'hui ce communiqué:
Reporters sans frontières exprime son extrême préoccupation pour Mouctar Bah, correspondant à Conakry pour l’Agence France-Presse (AFP) et Radio France Internationale (RFI), et Amadou Diallo, de la British Broadcasting Corporation (BBC). Après avoir été brutalisés lors de la sanglante répression de l’opposition le 28 septembre 2009, les deux journalistes seraient actuellement recherchés par la junte militaire.
La suite (en français) ici.
J'ai parlé ce matin avec plusieurs personnes à Conakry. Tous ont confirmé la faible circulation, la fermeture des magasins entrainant la hausse des prix courses des taxis et la hausse des prix des produits alimentaires des rares vendeurs/ses ambulantes.
Un journaliste du Lynx m'a dit avoir du payer un litre d'essence à trois fois son prix officiels, le 29 septembre, après avoir cherché vainement une station d'essence ouverte.
De source bien informée, un haut fonctionnaire de la Banque centrale, qui tentaient de porter du secours a été tué ce matin.
Après la boucherie de Lundi, la seule chose que la communauté internationale peut faire pour le peuple de Guinée en danger, c'est de mobiliser une force militaire d'interposition entre les civils et les militaires guinéens, nous aider à désarmer cette armée cause de tous les maux de l'histoire de la Guinée, à séparer le bon grain de l'ivraie et enfin réhabiliter une armée républicaine, digne, ordonnée, disciplinée sous le contrôle des civils qui l'ont créée !
Cet interview par Boubacar Bah est sous copyright sur le site Guinée News. Il faut aller sur le site pour y accéder. Note : Mr. Diallo dit avoir reconnu celui qui dirigeait l'opération de répression au stade du « 28 Septembre ». Il s'agirait de l’aide de camp du chef de la junte. Son nom est Aboubacar Diakité mais il est plus connu sous son surnom de Toumba Diakité. On le voit souvent sur les photographies, à côté du « président ».
Sur le site du magazine "Jeune Afrique", un témoignage par téléphone de Jean-Marie Doré
Il comporte de nombreuses séquence vidéos, dont l'interview d'un opposant, recueillie par RFI;
Voici le lien.
Voici un extrait (en anglais) du témoignage d'une volontaire du programme Peace Corps à Mamou, sur son blog Yolo in Guinea:
Last Friday: I drive through Mamou, and see HUNDREDS of police officers and soldiers. With big guns. They have innondated the city, and are posted all over the place.Last Saturday: Dadis leaves the capital Conakry for the FIRST time since he declared himself president. He decides that he’s going to make an appearance in Mamou (my hometown) and Labe (3 hrs north) to try and convince people to stop hating him. I woke up to the sound of a helicopter over my house and people yelling. Wait- Guinea has a helicopter? Anyway Dadis goes to these cities; rumor has it in Labe everyone purposefully stayed in their homes so as NOT to welcome him, and that soldiers took buses to surrounding villages paying people to come fill up the stadium and cheer for him, giving TV viewers the impression of popularity. He was here in Mamou, there were small groups of protestors (who may or may not have tried to open my car door) and things were calm and cool.
Monday: Two weeks earlier, a political demonstration had been organized, with the underlying message: Dadis, do NOT run for president at the end of January. Dadis said that the demonstrations were prohibitied. People went anyways. The military went buck wild. Shot 157 dead. 1,200 others injured. Women were raped and perversely abused at the site of the protests. Military stole random things (like my friend’s cell phones) and were actually using knives and bayonets.
Tuesday: Shortly after arriving at work, someone runs into our office saying that people have begun protesting in town here in Mamou. First we get put on “lockdown” at the office, but soon after we return home. Vehicles are hidden around town (so protestors can’t damage them) and I get a little freaked out. Protestors are fine, burning tires don’t mean a thing, but if the military starts running around with guns, that’s when all hell breaks loose. I stayed home for the rest of the day. The military never went out. Protestors went home. Mamou is cool, calm and collected. Mom and Dad, I repeat, Mamou is cool, calm and collected.
La suite sur le blog "Yolo in Guinea"
Permettez-moi tout d’abord de me recueillir à la mémoire des dizaines de victimes de cette nouvelle barbarie de ce jour mais aussi, les victimes de juin 2006 et de janvier 2007 et d’avoir une pensée pour tous les blessés dont notamment les leaders politiques.
Les masques viennent de tomber sur la nature profonde de ce qui se tramait contre le peuple de Guinée. Il n’ya plus de place pour un quelconque doute.
Comme le dit si bien l’adage, quelque soit la durée de la nuit, le jour finit toujours par poindre à l’horizon. Ainsi quelque soit la puissance et la dureté d’une dictature, le peuple finira toujours par triompher.
Le samedi 26 septembre dernier, la manifestation monstre parisienne qui s’est déroulée de la place de la République à la Gare de l’est avait donné le tempo, à l’image de Bruxelles, Washington, Genève, etc. de ce qui allait se passer ce lundi 28 septembre 2009 à Conakry.
Quand l’opposition est interdite de medias publics il ne lui reste plus que la manifestation de son désaccord sur la voie publique. Même si de surcroît on veut l’en empêcher par des subterfuges et des arguments fallacieux qui ne résistent pas à l’épreuve des faits.
Le Capitaine Moussa Dadis Camara est en campagne permanente depuis plusieurs mois déjà et il empêche ceux qui ne pensent pas comme lui ou qui ne lui sont pas favorables de manifester leur désaccord.
Que ceux qui ne voulaient pas voir la vérité en face ou croire à l’affrontement qui était bien prévisible de la part des militaires ouvrent à présent les yeux, se rendent à l’évidence et viennent grossir la foule des vrais patriotes qui ne pensent qu’à l’intérêt supérieur de la nation.
Cela fait le quatrième massacre perpétré par les forces militaires depuis le mois de juin 2006, en y incluant la descente musclée au siège de la police en juin 2008.
L’histoire bégaie tout le temps en Guinée. Parce que nous n’avons jamais voulu faire notre introspection depuis 1958 pour voir ce qui s’est produit en bien ou en mal, et pourquoi cela s’est produit ? Pour que « plus jamais çà ! ».
Une grande nation et/ou une nation civilisée règle ses problèmes autrement c'est-à-dire par le dialogue.
Nous disions qu’après les mouvements de janvier 2007, plus rien ne serait comme avant. Les septiques n’ont pas voulu le croire, mais la preuve, une fois de plus, vient de leur être donnée.
J’ai mal en mon pays !
Mais La lutte pour l’avènement d’une véritable démocratie et un Etat de droit en Guinée doit continuer.
J’ai mal en mon pays.