Les séquelles de la crise financière mondiale pourraient aboutir à la re-colonisation de certains pays africains, avec certains d'entre eux qui risquent de faire faillite, et d'autres depouillés d'actifs par des puissances occidentales et orientales.Les signes de re-colonisation de l'Afrique sont très clairs: il faut agir vite, il n'y a pas de temps à crier des slogans ou de blâmer les forces impérialistes sans apporter des réponses efficaces.
L'Europe a déjà prévu de se raccorder au projet de barrage hydroélectrique en République démocratique du Congo pour alimenter l'Europe méridionale.
Le projet a le soutien de la Banque mondiale. Pourtant, très peu de personnes en RDC - moins de 10percent de Congolais - ont accès à l'électricité.
Pourtant, United Nations Development Programme (PNUD) montre que moins de 30 pourcent des Africains à travers le continent ont l'électricité.
Dans tous les pays traversés par l "electro-duc" projeté par le biais duquel l'électricité s'acheminera de la RDC à l'Europe, très peu de citoyens ordinaires ont accès à l'électricité.
Le mois dernier, l'Union européenne a signé un accord avec le Nigeria, le Niger et l'Algérie pour acheminer le gaz vers l'Europe par un gazoduc direct à ce continent.
Encore une fois, le Nigeria, le Niger et l'Algérie ne peut pas fournir du gaz à même leurs propres citoyens.
Il y a deux mois, un consortium d'entreprises européennes a annoncé qu'il construira une usine qui acheminera directement l'énergie solaire du désert du Sahara vers l'Europe.
Ils ont dit que cela répondrait à 15 pourcent des besoins énergétiques de l'Europe d'ici 2050.
Et de plus en plus de gouvernements occidentaux et de multinationales de l'Asie sont en train d'acheter des terres d'Afrique en vue de mettre en place des entreprises commerciales agricoles, d'où ils exporteront des produits vers leur pays ou à d'autres marchés.
Une multinationale sud-coréenne a acheté un terrain fertile à Madagascar et au Soudan pour une bouchée de pain.
Les entreprises indiennes s'accaparent des terres agricoles fertiles de l'Ethiopie, le Kenya, Madagascar, le Sénégal et le Mozambique. Les entreprises chinoises et les entreprises du Moyen-Orient sont également en train d'acheter des étendues de terres pour l'agriculture.
Un rapport des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture a déclaré que plus de 2,5[?] hectares de terres africaines avaient été achetés par des sociétés étrangères depuis 2004.
Pourtant, la plupart des pays africains importent des aliments. De même de plus en plus de sociétés étrangères rachetent des mines en Afrique à des sommes modiques, car les pays africains ne parviennent pas à trouver des stratégies pour faire face aux effets de la crise financière mondiale.
Les pays occidentaux et asiatiques achetent des minéraux africains pour en faire des réserves d'approvisionnement pour étayer les fluctuations des prix des marchandises. Ils recherchent des produits de base stratégiques, dont le platine, le pétrole et le gaz.
L'Union Africaine estime que plus de 150 milliards de dollars par an sont pillés à partir de l'Afrique par l'évasion fiscale par des multinationales [sociétés géantes] et la fuite des capitaux en utilisant "une infrastructure " de banques occidentales, avocats et comptables.
Mais ce n'est pas seulement l'argent qui quitte l'Afrique chaque année, il est aussi des compétences qui partent à l'exode pour les pays industrialisés.
La fuite des cerveaux est le résultat d'une combinaison de facteurs hostiles en Afrique, avec un manque de démocratie dans les pays africains et le népotisme. Les pays africains doivent maintenant s'industrialiser et accroitre le commerce les uns avec les autres.
Nous devons cesser d'exporter uniquement des matières premières, ce qui génère peu d'emplois. Nous devons mettre ensemble notre argent, nos connaissances et expertises. Nous aurons besoin d'un leadership efficace. En outre, nous devons renforcer la qualité de nos démocraties et concocter des politiques industrielles au moyen de coalitions de développement entre les gouvernements, les collectivités, les entreprises et les sociétés civiles.
Enfin, les pays africains doivent ainsi rapidement former un marché commun continental et une union politique, soutenue par la démocratie.
Auteur: L Gumede est l'auteur de «Thabo Mbeki and the Battle for the Soul of the ANC »
Article original: Signs of Africa’s recolonisation ominous
Cela ne vous donne pas envie d'hurler?
Vos dirigeants vont ont-ils demander votre avis avant de vendre vos ressources et vos terres... Lol... Bien sur que non voyons...